Chambéry ...
Niché au bout du Lac du Bourget, au pied de la Dent du Chat, cet aéroport a une belle réputation : cadre enchanteur, approche atypique ...
Je l'avais fait il y a 1 an environ avec mon instructeur, en préparation du PPL. D'après lui, il valait mieux que j'y suis allé au moins une fois, au cas où mon testeur me le demanderait ...
Je me rappelle bien ce jour-là. Il faisait beau, le vent était calme.
Comme je ne connaissais pas la plateforme, j'avais prévu une arrivée par SW (le Col du Crucifix) (ce qui signifie une descente rapide jusqu'à l'aéroport) et un départ par W/WA (le Col du Chat).
En fait, les arrivées habituelles depuis Lyon se font par le Col du Chat.
Passer le Col du Crucifix vous jette verticale terrain et vous force à descendre rapidement. On peut passer par le Nord du Lac aussi. C'est joli et c'est plus calme, mais c'est techniquement moins intéressant.
Bref, mon instructeur m'a dit en vol qu'on allait au Col du Chat. Gasp, j'avais pas préparé ca. Je me suis retrouvé complètement largué et ce vol a été l'un de mes pires. Mais l'arrivée sur le Col m'avait fortement impressionné.
Je ne me sentais pas du tout à l'aise avec la technique, et je n'y étais jamais retourné depuis.
Bref, un weekend libre, avec l'avion et l'instructeur disponibles : c'était l'occasion rêvée. Cette fois, j'avais préparé un peu plus mon vol.
Pas encore assez : j'avais oublié quelques VAC (pas bien !), et j'avais prêté ma carte mais je n'avais pas eu le temps de la récupérer ... Je fais donc le vol avec la Cartabossy au millionième plutôt qu'avec la carte SIA au 500000e. Pas pratique, sur une si petite nav...
La météo est hésitante. Une petite averse s'abat sur Bron, mais c'est vite du passé. On annonce une dégradation orageuse dans l'après-midi, en particulier sur Chambéry.
Du coup on hésite aussi. Le Col du Chat risque d'être accroché, ce qui peut nous contraindre à un déroutement par N (le bout du lac) ou un demi-tour. Mais bon, l'envie de voler est forte, et ca peut faire un bon exercice. On prend les paris, on part !
On doit faire un tour de piste pour checker l'avion, le pilote précédent ayant signalé une petite anomalie et le mécano du club voulait être rassuré. Je laisse les commandes à Julien pour ce petit tour de piste, puis on met le cap sur Mike Sierra qui nous ouvre droit le transit vers St Ex.
La route se poursuit tranquillement à 3000/3500ft en passant par Morestel et Belley. On arrive en vue du Col du Chat ...Ou presque quelques FEW Cu parsemés nous masquent le passage. On décide d'aller voir et on tire la réchauffe en arrivant sur la nébulosité. Les nuages sont là mais ils nous laissent le passage. Un petit nuage est accroché sur la partie Nord du col, et sa base est à 3000ft. La voie est relativement étroite, mais largement suffisante. On se rapproche du caillou, puis on se jette dans le Col en arrivant par le Sud. Réglo, mais marginal.
En arrivant dans le col, on vire à gauche. On ne passe jamais tout droit dans un col : il faut pouvoir faire demi tour ... si un trafic arrive en face ... si les vents sont défavorables ... etc ...
Nous sommes à 2800ft environ. On entre dans le col. La Dent du Chat nous surplombe, du haut de ses 4600ft (1390m). Dantesque ! En arrivant dans le col, le Lac du Bourget nous saute au visage, tout en dessous de nous, à 230m d'altitude / 770ft. Magique !
Le dénivelé entre la Dent du Chat et le Lac est donc de plus de 1200m : des chiffres qui donnent presque le vertige ...
Au bout de notre aile droite : Chambéry et son aéroport, encastré entre la ville et le Lac.
On s'intègre pour un toucher. Le circuit n'est pas très joli, tant pis.
Touché, on rentre les volets, on enlève la réchauffe, et on remet les gaz. Rotation à 110km/h. Le bout de piste arrive. La rive du lac aussi, quelques mètres plus loin... La piste se jette littéralement dans le lac, c'est vraiment pas le moment d'avoir une panne moteur !
Pour le trajet retour, je choisis de repasser par le Col, qui s'est un peu dégagé entre temps d'ailleurs.
On monte sur le Lac, en faisant quelques virages pour rallonger la trajectoire : difficile de monter assez rapidement pour passer directement de la piste au col ...
Dès que j'arrive à l'altitude cible de 3000ft, je me rapproche de la paroi. J'arrive à voir, en fonction de l'évolution des repères visuels derrière le col, que je suis à une hauteur suffisante. J'ai un peu plus d'aisance cette fois-ci... Je vire par ma droite dans le col, coté Nord cette fois-ci. Comme mon instructeur me dit "qu'on peut y aller plus franchement", on vire à 45° dans le col. J'ai l'impression que je pourrais toucher la rocaille rien qu'en tendant mon bras droit. Breathtaking !!
Pour le retour, mon instructeur me laisse le choix : "trajet libre" !
Je me rappelle que la première fois, mon instructeur m'avait demandé un retour à moins de 1500ft. Cette fois, je choisis le retour à 500ft/sol. Faut bien se faire plaisir !
J'amorce la descente, je stabilise l'avion à environ 500ft/sol. Inconsciemment, sûrement un peu plus.
Et là, que du plaisir. Je contourne l'agglomération de Belley, je passe dans les vallons en contournant les collines. Le sol défile plus vite, l'exercice est intéressant. Je navigue au jugé, sans grande méthode. En arrivant sur Morestel, je remonte à une altitude plus habituelle, et je contacte St Ex qui m'autorise pour le transit retour alors qu'un Airbus à code-barres est en train de s'aligner.
Pour compléter le vol en beauté, je demande un encadrement.
A 2000ft, réduction des gaz. Check panne, vitesse de plané 150km/h, un cran de volets. Virage à droite pour se présenter en vent arrière moteur réduit. Vent arrière un peu éloignée à mon gout, alors je vire un peu plus tot en base. Je me trouve haut et je sors dès maintenant le second cran de volets. J'entame aussitot mon dernier virage et je me retrouve en finale, un peu trop haut sur le plan. Je mène l'avion du mieux que je peux, puis je repasse sous le plan. Je n'ai pas de réserve de vitesse : je vais être trop court.
C'est raté pour cette fois-ci : on remet un peu de gaz et on pose.
Retour au parking après 1h26 de vol.
Au debriefing: un vol très formateur malgré un encadrement loupé parce que j'ai eu la mauvaise idée de sortir le 2e cran de volets beaucoup trop tôt, un vol insuffisamment préparé (me manque des VACs, je n'ai qu'une carte à trop grande échelle), des méthodes un peu oubliées ... Bordélique comme dans ma tête, quoi !
On essayera de faire mieux la prochaine fois, car prochaine fois il y aura.
Je crois que Chambéry va devenir une de mes petites nav préférées.
PS: ni photo ni vidéo cette fois-ci, j'étais bien occupé pendant le vol ... mais quand je vois le passage du col qu'on a fait à l'aller, j'ai regretté de ne pas avoir amené ma paluche !